Silice cristalline sur les chantiers : la campagne de mesurage OPPBTP cherche encore des volontaires

La silice cristalline reste l’un des polluants les plus surveillés des chantiers et des ateliers. Pour affiner la connaissance des expositions réelles, la campagne nationale de mesurage menée dans le cadre de Carto Silice BTP se poursuit, et l’OPPBTP recherche encore des chantiers volontaires dans plusieurs familles d’activités, comme le rappelle la FNTP. Une occasion rare pour les entreprises de faire mesurer gratuitement l’exposition de leurs équipes et d’en tirer des actions de prévention concrètes.

Une campagne de terrain toujours ouverte #

Lancée par la FNTP en juin 2021 puis reprise par l’OPPBTP en novembre 2023, cette campagne vise à documenter les niveaux d’empoussièrement en silice cristalline alvéolaire sur de vraies situations de travail, et non en laboratoire. Le bilan publié par la fédération fait état de plus de 50 entreprises participantes, d’une centaine de chantiers proposés et de 140 mesures d’exposition déjà réalisées, qui ont permis de valider et publier quatre fiches de bonnes pratiques.

La fédération est claire sur le besoin : « Des chantiers sont encore recherchés ». Les activités les plus attendues concernent le travail des enrobés et des granulats : décroutage et concassage d’enrobés, compactage de sable et granulats, gravillonnage, concassage de béton et dégarnissage mécanisé avec engin de travaux publics. Pour chacune, la campagne affiche un objectif de quinze chantiers mesurés, encore loin d’être atteint sur certains postes.

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Comment participer concrètement

La démarche passe par la plateforme carto-silice.fr, où l’entreprise propose un chantier correspondant aux activités recherchées. Les mesures sont ensuite réalisées par les équipes de l’OPPBTP. Point important pour les directions : « La réalisation des mesures ainsi que l’accompagnement technique assurés par l’OPPBTP sont entièrement gratuits. » Seule contrainte réelle, l’anticipation : un délai d’environ trois semaines est nécessaire entre la demande et le mesurage, le temps de préparer l’intervention.

En retour, l’entreprise obtient une estimation chiffrée de l’exposition pour ses situations de travail, un apport direct pour son document unique d’évaluation des risques, des recommandations de prévention adaptées à ses postes, et l’accès aux données anonymisées de la campagne.

Pourquoi la silice impose le captage à la source #

L’enjeu dépasse largement la conformité documentaire. Les travaux exposant à la silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail figurent sur la liste des procédés cancérogènes depuis un arrêté du 26 octobre 2020, applicable au 1er janvier 2021. Concrètement, cela déclenche les obligations renforcées du régime des agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction : substitution quand elle est possible, travail en vase clos, et à défaut captage des poussières au plus près de leur point d’émission.

C’est précisément là que les solutions d’aspiration industrielle entrent en jeu. Sur les postes fixes de sciage, de taille ou de concassage, un dispositif de captage localisé correctement dimensionné capte l’aérosol avant qu’il n’atteigne les voies respiratoires de l’opérateur. Sur les interventions mobiles, l’arrosage, les outils à récupération intégrée et les aspirateurs de classe adaptée complètent le dispositif. La protection respiratoire individuelle ne vient qu’en dernier recours, pour l’exposition résiduelle.

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Des fiches pratiques pour guider les choix techniques

Pour aider les entreprises à passer du principe à la mise en œuvre, le ministère du Travail, la Cnam, l’INRS, l’OPPBTP et la FNTP ont élaboré un guide d’application et des fiches pratiques dédiées aux expositions à la silice, qui décrivent poste par poste les solutions de réduction des émissions. Les mesures issues de la campagne Carto Silice viennent nourrir ces référentiels : plus les situations mesurées sont nombreuses, plus les préconisations collent à la réalité des chantiers.

Ce que les ateliers peuvent en retenir #

Si la campagne cible d’abord les travaux publics, la logique vaut pour tous les locaux à pollution spécifique : ateliers de taille de pierre, de découpe de carrelage, de menuiserie ou de mécanique. Partout, la même séquence s’impose. Mesurer d’abord, car sans donnée d’exposition fiable, impossible de dimensionner une ventilation ou de prioriser les investissements. Capter ensuite, à la source, avec des débits et des géométries de hotte adaptés au procédé. Vérifier enfin, par des contrôles périodiques des installations et de nouveaux mesurages après modification des postes.

La campagne de mesurage silice offre aux entreprises de travaux publics un raccourci gratuit vers cette première étape. Pour celles dont les activités figurent dans la liste recherchée, proposer un chantier avant la fin de saison est sans doute l’investissement prévention au meilleur rapport coût-bénéfice du moment : il ne coûte que trois semaines d’anticipation.

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